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28 avril 2008

Paroles de parents

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De loin, on dirait une réunion Tupperware. En fermant un œil, on imagine un complot de femmes derrière le dos de leur mari. «Nous les parents» est en fait un groupe de discussion sur les rapports familiaux et les difficultés d’éducation des enfants. Ce jeudi, comme deux fois par mois, les parents se réunissent dans un ancien appartement transformé en salle de réunion. Patricia Dhont anime les débats. C’est une femme dynamique et élégante, aux cheveux courts grisonnants. Une invitée, Sylvie Coupez, directrice de la halte-garderie, et deux mamans sont là pour aborder le thème des émotions chez l’enfant.

Natahalie, 41 ans, vient depuis le début de ces ateliers, en 1999. C’est une habituée, à la parole facile. Son fils a aujourd’hui 16 ans. «Un grand gaillard de plus d’un mètre quatre-vingt, c’est pas évident de le faire obéir!». Pour Nathalie, le moment de la réunion est sacré. «Quand je suis ici, ce sont deux heures qui m’appartiennent. Ma famille sait que je ne suis là pour personne». A côté d’elle, Anne, mère d’une petite fille d’un an et demi, vient pour la troisième fois seulement. Elle reste un peu en retrait, presque renfermée, puis sa parole se dénoue au fur et à mesure des deux heures. Anne n’habite pas le Faubourg, mais «à Vauban, il n’y a rien pour les parents», affirme-t-elle.

Sur la table, le café et les sablés au chocolat renforcent la convivialité. «Nous les parents» est un lieu ouvert dans lequel l’expression de chacun est encouragée. Chacun, ou plutôt chacune, car les pères sont largement sous-représentés. Je pose la question, pressentant ce déficit. «C’est très difficile de les faire venir», explique Patricia Dhont. «Pour avoir un avis masculin, il nous arrive de distribuer des questionnaires qu’ils peuvent remplir à la maison.» Quand les hommes viennent, ce sont souvent les conjoints de participantes. «Leur parole est intéressante, glisse Nathalie, car on se rend compte qu’ils n’ont pas envie de se cantonner à un rôle de père Fouettard.»

Les règles de base du groupe : ne pas juger, ne pas répéter à l’extérieur qui a dit quoi. Les thèmes de discussion sont proposés par les parents. La séance est parsemée de petits rituels, comme «le baromètre de l’humeur» : chaque participant donne son état d’esprit du jour, et celui qui n’a pas envie de parler doit être respecté dans son silence. La prochaine réunion traitera de l’autisme. Patricia Dhont s’en réjouit. «Nous avons une maman qui a une petite fille autiste. Elle vient au groupe depuis six ans, et c’est la première fois qu’elle accepte d’en parler. C’est une étape importante pour elle.»

Groupe «Nous les parents» : Le jeudi tous les quinze jours (hors vacances scolaires), de 14h à 16h. Salle de réunion de la mairie de quartier.

Pause parents : Tous les mardis et jeudis de 8h30 à 9h30 (hors vacances scolaires) au nouveau Pôle éducatif, 11 avenue Verhaeren

24 avril 2008

Ateliers d'artistes

Hier, le Faubourg des musiques m’a ouvert ses portes. C’est une école de musique entièrement gratuite, qui fonctionne par ateliers. Je commence la journée par l’éveil musical, destiné aux enfants de moins de trois ans accompagnés de leurs parents. Quatre mamans et six enfants passent une heure en compagnie de Varinka Valenzuela, une prof de chant rayonnante. Pour donner aux tout-petits le goût de la musique, elle leur apprend des comptines, les fait danser et jouer des percussions.

Je rencontre ensuite Xavier Illes, professeur de guitare devenu coordinateur des ateliers pour enfants. Grand, sec, un look de pasteur, bienveillant et austère. Il dirige l’ensemble de cordes. « On va commencer par la baleine ». Enigmatique pour qui ne connaît pas le projet. Un compositeur, Carlo Rizzo, a écrit une œuvre spécialement pour le Faubourg des musiques. Ce mercredi après-midi, tous les groupes travaillent pour le concert du 25 mai. « Rencontrer un artiste et sa musique, ça donne du sens », explique Xavier Illes. « Les enfants peuvent se dire : je sais d’où ça vient, ça a été écrit par quelqu’un que je connais, et je sais où on va : à la clé il y a un concert. Le fait d’avoir un objectif justifie l’exigence : il ne s’agit plus de faire un mi aigu à la trompette parce qu’il faut le faire, mais parce que c’est nécessaire pour le morceau. »

Je passe d’une pièce à l’autre, et retrouve Varinka qui cette fois anime un atelier de petits chanteurs. Une vingtaine de paire d’yeux se tournent vers moi, intrigués par mon intrusion. Mais ils m’oublient vite, concentrés sur la difficulté d’un chant à deux voix. « J’arrête pas de chanter la même chose qu’eux parce qu’ils sont juste à côté », proteste une petite fille. Varinka rassure. « C’est ça qui est compliqué. Mais je ne vais pas construire un mur entre vous ! »

Sur 90 enfants, seulement un tiers vient du quartier. Xavier Illes reconnaît que ce n’est pas assez. « On pourrait réserver les ateliers aux enfants du Faubourg, c’est ce qui se faisait au début. Mais il y a eu des dérogations et au fur et à mesure l’école s’est ouverte à l’extérieur. Ce n’est pas plus mal, de toute façon on ne remplirait pas l’école en l’interdisant au reste de la ville. » Les enfants du quartier conservent tout de même une priorité à l’inscription, et le Faubourg des musiques tente de recruter grâce à des partenariats avec les écoles primaires.

« Notre grand chantier, c’est l’assiduité », affirme le coordinateur. « A Lille, les enfants peuvent faire de la musique sans venir d’une famille fortunée, mais encore faut-il que ce soit un engagement familial. La gratuité ne nous aide pas dans ce domaine, et beaucoup d’enfants ne viennent pas chaque semaine ». Auparavant, un emploi-jeune se chargeait de rappeler toutes les familles à leurs obligations, mais difficile maintenant de téléphoner à tous les parents.

Xavier Illes s’interrompt en voyant passer un petit garçon. Aparté : « Vous voyez, il vient depuis qu’il a deux ans. Ce enfant est en grande difficulté, mais alors qu’il était incapable de se concentrer plus de cinq minutes, aujourd’hui il a beaucoup progressé. » Ce succès éclaire son visage.

06 avril 2008

Succession

Un article de la Voix du Nord (jeudi 3 avril) sur la nouvelle présidente du conseil de quartier, Latifa Kechemir. Walid Hanna sera récompensé de son travail au Faubourg de Béthune par un cèdre libanais.

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